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Moulin de Corbières Junas

Un Chef-d'Œuvre d'Ingénierie Médiévale

Édifié en 1482, le Moulin de Corbières est un véritable joyau de notre patrimoine communal. Complètement oublié et ruiné après son abandon à la fin du XIXe siècle, cet ensemble architectural exceptionnel a été exhumé par l'association Traces et Mémoires de Junas avant d'être racheté par la municipalité en 2004. Découvrez l'histoire unique et le fonctionnement titanesque de ce site historique exceptionnel.

Pourquoi ce moulin en ce lieu excentré ?

Jusqu'à la fin du Moyen Àge, il n'existe aucun moulin à Junas. Les habitants dépendent des installations des communes voisines, notamment sur le fleuve Vidourle. Pour combler ce vide et s'assurer d'importants revenus grâce aux droits d'usage obligatoires (les fameux droits banaux), le Seigneur d'Aubais, Jean de Bozène, décide le 27 mars 1482 de lancer la construction de cet édifice.

L'emplacement n'a pas été choisi au hasard : il est édifié juste à côté d'une métairie (un mas) prospère possédant un colombier, signe de richesse, qui appartenait à un riche commerçant de Montpellier nommé Milan Alquier. Situé sur un carrefour de chemins très fréquentés, ce lieu permettait un accès facile tant pour les Junassols que pour les villageois des communes environnantes comme Sommières.

Le saviez-vous ? L'alimentation en eau du ruisseau de Corbières étant soumise aux caprices de la météo, le fonctionnement du moulin à eau devenait erratique à certaines périodes de l'année (l'eau servant aussi à irriguer les prés en contrebas). C'est pour pallier ce manque qu'un moulin à vent fut construit un peu plus haut sur la colline vers 1683-1684.

Une prouesse d'ingénierie et des travaux titanesques

Le Moulin de Corbières est un aménagement technique exceptionnel pour l'époque, qui a nécessité de gigantesques travaux de terrassement et de maçonnerie :

  • Un bief de 350 mètres : Un long canal maçonné a été creusé pour détourner l'eau du ruisseau près d'un kilomètre en amont.
  • La Resclause (Le bassin de rétention) : Ce gigantesque réservoir maçonné en pierres sèches affiche des dimensions stupéfiantes. Long de 145 à 150 mètres pour 9 à 11 mètres de large et 2 mètres de profondeur, il pouvait contenir entre 1 900 et 3 000 m³ d'eau (l'équivalent d'une piscine olympique !). Pour soutenir cette masse surélevée de 3 mètres par rapport aux prés, une digue de 164 mètres de long et 8 mètres de large a dû être érigée.
  • La galerie voûtée de fuite : Contrairement aux moulins ordinaires où l'eau s'échappe par un simple ruisseau, les bâtisseurs ont conçu ici une conduite souterraine impressionnante de plus de 100 mètres de long. Entièrement bâtie en pierres taillées sous les champs, elle mesure plus de 2 mètres de hauteur et de largeur pour restituer l'eau à la rivière en contrebas.

Le principe du moulin "à tourille"

Sur le plan mécanique, le bâtiment appartient à la catégorie rare des moulins à tourille (ou moulin à rodet). Contrairement à l'imagerie populaire du Nord de la France axée sur les grandes roues verticales, le Sud de la France privilégiait l'usage des roues horizontales à cuillers, un savoir-faire transmis oralement en langue d'Oc.

L'eau accumulée dans la resclause s'engouffrait sous pression dans un conduit nommé le "canon" à travers une superbe voûte en "cul de four" (rappelant les absides des églises romanes). Projetée avec force, l'eau mettait en mouvement la roue horizontale qui entraînait directement, via un axe vertical, la meule supérieure dite "tournante". Ce moulin servait principalement de moulin "bladier", destiné à moudre le grain pour fabriquer la farine du pain.

La fin des moulins traditionnels

Grâce aux enquêtes administratives préfectorales, nous savons que le moulin était encore pleinement en activité en 1809. Cependant, le milieu du XIXe siècle a sonné le glas de la meunerie hydraulique traditionnelle. L'arrivée du chemin de fer, des nouveaux modes de transport et la modernisation énergétique (l'électricité) ont définitivement ruiné l'économie des petits moulins locaux. En 1852, les registres confirment que le Moulin de Corbières avait définitivement cessé de tourner, avant d'être abandonné vers 1880.

Documents & Archives à télécharger

Eric DULON - 2026 Le Moulin de Corbières - Document Éric Dulon
Le Moulin à Eau dit de Corbières - É. Dulon
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Notice historique
Notice historique du Moulin de Corbière à Junas
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Extraits acte fondateur
Extraits significatifs de l'acte fondateur de 1482
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Accès, schémas et plans du moulin
Accès, schémas géographiques & plans du moulin
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